Quand commence et quand finit la saison de chauffage
Dans 53 départements sur 96, la saison de chauffage dure huit mois, d’octobre à mai. Elle commence dès septembre dans 8 départements du Nord-Est et du Massif central, et ne dure que six mois, de novembre à avril, dans 12 départements du Sud. Décembre, janvier et février concentrent 49 % des besoins de l’année.
Une saison définie par les degrés-jours
Il n’existe pas de date officielle de mise en route du chauffage pour les logements. Sur ce site, un mois appartient à la saison de chauffage quand il dépasse 100 degrés-jours en moyenne sur 1991–2020, soit environ trois degrés-jours par jour. En dessous, quelques soirées fraîches peuvent justifier d’allumer, mais le besoin reste faible. Ce seuil est une convention de lecture, pas une règle.
Avec cette définition, la saison est toujours d’un seul tenant : aucun département n’a de mois « troué » au milieu de l’hiver. Elle capte l’essentiel des besoins de l’année, de 89 % à 96 % des degrés-jours selon le département.
Six à neuf mois selon les départements
La durée prend seulement quatre valeurs. Le tableau donne, pour chacune, les mois de début et de fin et le total médian des départements concernés.
| Durée | Période | Départements | DJU médians |
|---|---|---|---|
| 6 mois | de novembre à avril | 12 | 1 552 |
| 7 mois | d’octobre à avril | 23 | 2 087 |
| 8 mois | d’octobre à mai | 53 | 2 503 |
| 9 mois | de septembre à mai | 8 | 3 008 |
Huit mois, d’octobre à mai, est le cas le plus courant : 53 départements sur 96. Les 8 départements à neuf mois commencent dès septembre : Ardennes, Cantal, Haute-Loire, Lozère, Haute-Marne, Meuse, Vosges et Territoire de Belfort. Ce sont des stations du Nord-Est ou du Massif central. Les 12 départements à six mois, de novembre à avril, sont ceux du pourtour méditerranéen et de Corse, plus la Gironde et la Haute-Garonne, dont les stations sont à Bordeaux et à Toulouse.
Le profil de l’année
Le graphique montre le département médian, mois par mois, de juillet à juin. Au-dessus de chaque colonne, la part de l’année que représente ce mois.
Janvier est le mois le plus lourd, avec 413 degrés-jours, soit 17,5 % de l’année. Décembre suit de près (396), puis février (360). Ces trois mois réunissent 49 % des besoins de l’année dans le département médian. Le pic des degrés-jours tombe en janvier dans les 96 départements, sans exception.
Le mois le plus froid au sens des minimales n’est pas toujours celui qui pèse le plus : février a les nuits les plus froides dans 59 départements, janvier dans 37. Février compte pourtant moins de degrés-jours, pour deux raisons visibles dans les données. Il a trois jours de moins. Et ses après-midi sont plus doux : sa maximale moyenne dépasse celle de janvier dans 95 départements sur 96. Des nuits un peu plus froides ne suffisent pas à compenser.
Le printemps chauffe plus que l’automne
La courbe n’est pas symétrique. À distance égale du cœur de l’hiver, le printemps demande plus de chauffage que l’automne : avril compte 210 degrés-jours dans le département médian, octobre 164 ; mai en compte 110, septembre 62. Mars et novembre sont presque à égalité (299 et 300). C’est l’inertie des saisons : les sols et la mer rendent en automne une partie de la chaleur reçue l’été, alors qu’ils sortent à peine de l’hiver au printemps.
Conséquence pratique pour la lecture des fiches : la saison se termine plus tard qu’elle ne commence. Mai fait partie de la saison dans 61 départements, septembre seulement dans 8. Un mois de mai frais pèse donc davantage, dans le bilan de l’année, qu’un mois de septembre frais.
Lire la saison de son département
Chaque fiche département représente la saison par une accolade au-dessus des colonnes mensuelles, avec le nombre de mois et la part des besoins qu’elle représente. Le comparateur aligne deux départements mois par mois, ce qui fait apparaître les mois où l’écart se creuse.
En valeur absolue, l’écart entre deux départements est presque toujours le plus fort au cœur de l’hiver. En proportion, il se creuse aux intersaisons. Prenons le Nord et les Bouches-du-Rhône : en janvier, le Nord compte 430 degrés-jours et les Bouches-du-Rhône 322, soit 1,3 fois plus. En octobre, le rapport passe à 2,5 (189 contre 75), et en mai à 3,0 (137 contre 45). Le Nord ne connaît pas seulement des hivers plus froids : il les connaît plus longtemps.
Voir cette comparaison dans le comparateur.
Sources
- Météo-France, Données climatologiques de base quotidiennes, fichiers départementaux, période 1991–2020, data.gouv.fr / meteo.data.gouv.fr, Licence Ouverte / Etalab 2.0. Indicateurs recalculés par Climat Chauffage (une station de référence par département), voir la méthode.