Climat Chauffage

Des hivers plus courts entre 1991 et 2020

Dans les 91 départements dont la station est comparable, les degrés-jours de chauffage de 2011–2020 sont inférieurs à ceux de 1991–2000, sans exception. La baisse médiane est de 9,6 %, soit environ 224 degrés-jours de moins par an.

Ce qui est comparé

Pour chaque département, nous avons calculé les degrés-jours annuels moyens de deux décennies, 1991–2000 et 2011–2020, à la même station. La comparaison n’est faite que lorsque la station semble être restée au même endroit sur toute la période. Elle est écartée pour 5 départements : Loir-et-Cher, Haute-Saône, Seine-Saint-Denis, Val-d’Oise et Corse-du-Sud. Il en reste 91.

Le résultat est sans exception : les degrés-jours de 2011–2020 sont inférieurs à ceux de 1991–2000 dans 91 départements sur 91. En moyenne, on passe de 2 418 à 2 199 degrés-jours par an. La baisse médiane est de 9,6 %, soit 224 degrés-jours, l’équivalent d’un peu plus d’un demi-mois de janvier dans le département médian.

À quoi correspond cette baisse

Une autre façon de mesurer 219 degrés-jours est de chercher, sur l’échelle des départements, deux climats séparés par le même écart. Le total moyen des années 1990, 2 418, est proche de la normale 1991–2020 de la Mayenne (2 410) ; celui des années 2010, 2 199, est proche de celle de la Seine-Maritime (2 195). En vingt ans, l’hiver moyen de métropole a donc glissé d’un climat comme celui de la Mayenne vers un climat comme celui de la Seine-Maritime, à l’échelle des degrés-jours seulement : les nuits froides et le gel ne suivent pas forcément le même chemin.

De −4,7 à −12,7 % selon les départements

La baisse la plus forte est relevée dans les Alpes-Maritimes, de 1 328 à 1 160 degrés-jours (−12,7 %). Viennent ensuite l’Indre-et-Loire (−12,4 %) et la Vienne (−11,8 %). La plus faible est mesurée en Ille-et-Vilaine : −4,7 %.

1 3281 160
2 4502 147
2 4562 166
2 3952 270
2 5142 391
2 2412 135
Moyenne des 91 départements
2 4182 199
1991–20002011–2020

Degrés-jours annuels moyens, 1991–2000 (cercle) et 2011–2020 (point). Les trois plus fortes baisses, les trois plus faibles et la moyenne nationale.

En pourcentage, la plus forte baisse touche un département déjà doux. Les Alpes-Maritimes perdent 168 degrés-jours, moins que la baisse médiane en valeur absolue (224), mais 12,7 % de leur total. La répartition des baisses, par tranche de deux points, reste concentrée autour de la médiane.

Évolution 1991–2000 → 2011–2020DépartementsExemples
−14 à −12 %2Alpes-Maritimes, Indre-et-Loire
−12 à −10 %26Vienne, Manche, Saône-et-Loire
−10 à −8 %43Marne, Paris, Var
−8 à −6 %12Pyrénées-Atlantiques, Bouches-du-Rhône, Charente
−6 à −4 %8Cantal, Oise, Hautes-Pyrénées

Par région

Les médianes régionales sont proches les unes des autres : de −7,4 % en Bretagne à −10,2 % en Bourgogne-Franche-Comté, soit 2,8 points d’écart. La baisse touche donc toute la métropole, du Nord au Sud.

RégionBaisse médianeDépartements comparés
Bourgogne-Franche-Comté−10,2 %7 / 8
Centre-Val de Loire−10,2 %5 / 6
Hauts-de-France−9,8 %5 / 5
Île-de-France−9,8 %6 / 8
Pays de la Loire−9,8 %5 / 5
Grand Est−9,8 %10 / 10
Corse−9,7 %1 / 2
Auvergne-Rhône-Alpes−9,6 %12 / 12
Nouvelle-Aquitaine−9,2 %12 / 12
Normandie−8,4 %5 / 5
Occitanie−8,2 %13 / 13
Provence-Alpes-Côte d’Azur−7,9 %6 / 6
Bretagne−7,4 %4 / 4

À l’intérieur d’une même région, les départements sont beaucoup plus dispersés. En Nouvelle-Aquitaine, les baisses vont de −11,8 % à −5,2 %, un écart de 6,6 points, plus du double de l’écart entre médianes régionales. Une valeur isolée se lit donc avec prudence : une station peut avoir vu son environnement changer (constructions, arbres, revêtements) sans avoir été déplacée, et cela suffit à modifier ses relevés de quelques dixièmes de degré.

Les baisses médianes les plus faibles sont celles de quatre régions de l’Ouest et du Sud : Bretagne (−7,4 %), Provence-Alpes-Côte d’Azur (−7,9 %), Occitanie (−8,2 %) et Normandie (−8,4 %). À l’opposé, Bourgogne-Franche-Comté et Centre-Val de Loire dépassent 10 %. L’Indre-et-Loire et la Vienne, voisins dans le Centre-Ouest, ont les plus fortes baisses après les Alpes-Maritimes.

Ce que cela change pour lire les chiffres du site

Les valeurs des fiches sont des moyennes sur trente ans, 1991–2020. Elles mêlent donc des hivers des années 1990, plus longs, et des hivers des années 2010, plus courts. Dans chacun des 91 départements comparés, la moyenne de 2011–2020 est inférieure à la moyenne des trente ans affichée sur la fiche : la valeur de référence décrit un hiver un peu plus long que celui de la dernière décennie. Cela ne dit rien des hivers à venir : une moyenne décennale lisse de fortes variations d’une année à l’autre, et un hiver rigoureux reste possible.

Pour comparer deux départements, la période commune 1991–2020 reste la bonne base, puisque les deux sont mesurés sur les mêmes années. C’est ce que fait le comparateur. Chaque fiche département affiche aussi, quand la station le permet, sa propre comparaison entre les deux décennies.

Ouvrir le comparateur

Sources

  • Météo-France, Données climatologiques de base quotidiennes, fichiers départementaux, période 1991–2020, data.gouv.fr / meteo.data.gouv.fr, Licence Ouverte / Etalab 2.0. Indicateurs recalculés par Climat Chauffage (une station de référence par département), voir la méthode.